Ce blog est le support de la "recherche action" menée par la Fédération nationale de l'agriculture biologique depuis 2011, par et pour les paysans bio, pour penser et proposer les modèles conceptuels d'une "nouvelle économie de l'AB" en action.
Quelles sont les problématiques clés, sociales comme environnementales, liées au modèle intensif de la filière lait ?
Quelles sont les retombées de la concentration observée depuis 50 ans ?
Dans quelle mesure ce phénomène joue-t-il sur la pérennité de la filière?
Quelles sont les alternatives existantes ?
En quoi dessinent-elles un chemin différent ?…
Cette méta étude menée par Le BASIC
consolide les résultats issus de plus d’une centaine de rapports et
d’études publiés par les ministères français de l’Agriculture et de
l’Ecologie, des centres de recherche (en particulier l’INRA et
l’Institut de l’Elevage), des universitaires, d’organisations de la
société civile…
Elle ne prétend ni à l’exhaustivité ni à la précision des calculs, mais
vise à fournir une vision d’ensemble de la filière lait française et un
premier ordre de grandeur de l’ampleur de ses impacts sociaux,
sanitaires et environnementaux : 7 Milliards d’Euro d’externalités pour 25 Milliards d’Euro de volume d’activité.
Ainsi, l’échelle des externalités de cette filière (7 / 25) est du même ordre de grandeur que celle du montant de la TVA sur les produits finis.
La réduction potentielles de ces externalités grâce à des modes de
production plus responsables (2,5 à 4,5 au lieu de 7 comme le montre
l’étude) pourrait s’accompagner d’une modulation de cette TVA de l’ordre
de 50%.
11
décembre 2015. Table ronde introductive de la journée de réflexion et
d'échanges sur la thématique du prix, organisée par la Plate-Forme Française pour le Commerce Equitable (PFCE), avec la
collaboration de la FNAB, le réseau Inpact et FairNESS (réseau de chercheurs francophones sur le CE).
D'abord
la philosophie. Patrick Viveret, a ouvert cette journée pour nous faire
entrer en résistance contre la novlangue de l'economisme. La richesse,
c'est ce qui compte; la valeur c'est la force de vie. Le prix doit être
entendu au-delà de la valeur monétaire comme une relation
interculturelle où les parties qui échangent se posent la question de ce
qui est constitutif de ce prix.
Patrick Viveret
Jean-Claude Balbot, paysan et représentant du reseau Inpact, illustre bien la
dimension purement sociale du prix quand il témoigne de son parcours
"d'action recherche" en 40 ans d'activité d'élevage. Il s'agit pour lui
au départ de savoir ce qui constitue pour lui un prix"rémunérateur". Ne
pas être producteur de matière première pour l'agro-alimentaire et la
grande distribution mais bien garder la valeur ajouté sur la ferme. En
inventant un "nouveau métier " en vente directe il découvre aussi des
contraintes en quantité de travail sans savoir comment forcément fixer
ses prix... L'action recherche est bien une pratique sociale de
solidarité entre acheteur et vendeur. Rien qui ne ressemble à un ordre
naturel des choses fixant l'offre et la demande.
Jean-Claude Balbot
Jean-Christophe Kroll, professeur d'économie à Agrosup Dijon, rappelle en effet qu'en
agriculture, le paradigme du marché ne fonctionne pas. Cette
démonstration date au moins des économistes qui entourent Roosevelt et
qui l'amèneront à mettre en place des politiques de contrôle de l'offre
et de soutien de la demande. Cette instabilité permanente des marchés
est d'ailleurs très coûteuse. Elle disuade les investisseurs de
s'engager dans des systèmes de production durable qui ne garantissent
pas leurs prix. Pourtant des "fous" ont investi dans ces innovations,
paysans et acteurs économiques. Leur militantisme ne semble pas partagé
par la majorité...
J-C.Kroll
Marc
Dufumier, agronome et président de la pfce, va plus loin encore en
évoquant les "externalités négatives " qui font le prix injuste d'un
produit pas cher au départ comme un litre de lait, mais qui au final
reviennent fort cher a la collectivité (algues vertes,
antibioresistance, effet de serre) en étant le produit d'une inégalité
économique (endettements des agriculteurs perte d'autonomie jusqu'au
suicide parfois).
Un
prix juste relève donc bien d'une intention humaniste qui questionne la
nature destructrice ou créatrice de la production du bien ou du
service. Un prix juste questionne les mécanismes de régulations
macroéconomiques puisque Jean-Christophe Kroll nous rappelle, preuves à
l'appui, que plus on pollue en agriculture plus on touche de
subventions.
Un
prix juste est aussi un moyen de relier les gens entre eux nous dit
Amina Bécheur, chercheuse à l'institut de recherche en gestion,
confirmant le questionnement du paysan chercheur. L'échange relationnel
ou éthique nous sort de la transaction de court terme. On signifie dans
la recherche du prix juste quelque chose sur la manière dont on conçoit
l'autre. L'exploitation agricole en ce cas "fait société " surtout si
les parties se placent dans une logique où chacun peut obtenir une
capacité d'agir. Jean-claude Balbot montre toute l'intérêt et la
complexité d'une approche où la transaction ne doit pas remettre en
l'existence même du vendeur ni aller au-delà du prix d'existence de
l'acheteur.
Amina Bécheur
Nayla
Ajaltouni, coordonnatrice du collectif de l'Ethique sur l'étiquette,
élargie encore le spectre en présentant les travaux des Ong et
mouvements sociaux et syndicaux d'asie du sud est ou du Maghreb qui
entendent concrétiser la norme internationale (Oit) d'une rémunération
juste et digne. Cette définition d'un panier de biens vitaux comprenant
aussi les moyens de subsistance de long terme dans des pays dépourvus
d'Etat providence aboutirait ainsi à un salaire de 250 euros par mois
contre 48 aujourd'hui au Bangladesh pour une semaine de 48h de travail
hebdomadaire contre parfois 120 actuellement. Intéressant de savoir par
ailleurs que la marque H&M est le premier donneur d'ordre pour ce
pays. Sommes-nous toujours conscient de l'état social de la production?
Et si oui, concevons-nous forcément le travailleur comme une quantité
négligeable dans notre désir de consommer de la mode pas chère?
Nayla Ajaltouni
Marc
Dufumier revient sur cette dimension subjective, située de la
définition du prix juste en référence à un panier de bien. L'exercice
est indispensable, et pour partie arbitraire, il faudra l'assumer.
Assumer cette construction sociale et politique du prix dans toute sa
complexité. Assumer aussi de redéfinir toutes les politiques économiques
qui ne permettent pas aux paysans et travailleurs des pays du
sud de vivre dignement. Savons- nous par exemple qu'il faut 200 fois
plus d'heures de travail pour un kilo de riz piqué à la main par une
paysanne au sud que pour une exploitation mécanisée de Camargue ou de l’Arkansas? Sans barrière protectionniste, la paysanne du sud doit
accepter une rémunération 200 fois moindre pour le même kilo de riz. Il
faut mettre fin aux marchés à terme et aux monopoles qui contrôlent ces
échanges.
Nayla Ajaltouni rappelle que seules les multinationales
échappent à une redevabilité juridique à la différence des Etats et des
personnes. Le
consensus est clair sur la nécessité d'une régulation renforcée et sur
la nécessité de soutiens aux démarches innovantes par des contrats
justifiant du paiement public de contreparties d'intérêt général comme
la protection de l'environnement et la santé, la création d'emplois etc.
Faut-il que ces contrats demeurent des subventions directes aux
agriculteurs assurant ainsi un complètement de prix ou bien le déconnecter complètement de l'acte de production?
Marc Dufumier plaide
pour un renversement et le fléchage des aides Pac à la commande publique
de produits de qualité et locaux. Le moyen de répondre, par
l'alimentation sociale, à la question du prix d'existence de l'acheteur
sans remettre en cause le vendeur pour autant. Il répond plus précisément encore à la question du paysan chercheur qui aimerait bien
connaître les consommateurs au-delà de la vente directe à la ferme.
Toujours ce prix qui relie les gens entre eux.
Marc Dufumier
Ce
prix "d'existence" est celui qui fait qu'on a une "bonne vie"pour
Jean-Claude Balbot dès lors que l'on a pris la mesure des choses vitales
pour soi et les autres. Patrick Viveret appelle la société civile à
hausser le niveau d'exigence et d'ambition. Ce "peuple de la terre" doit
penser les biens communs et les générations futures. Monter en qualité
de conscience. Faire une citoyenneté mondiale autour des initiatives
créatrices de vie qui existent partout. Cette puissance créatrice
citoyenne, c'est l'Eros contre la démesure (20 000 milliard de dollars
dans les paradis fiscaux) et la destruction. Une "stratégie érotique
mondiale" appelée de ses vœux le 11 décembre 2015.
pour voir le débat qui à suivi la table ronde: cliquez ici
un édito du président du labo de l'économie sociale et solidaire (extrait)
Publié le 22 octobre 2015
Edito Octobre d’Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS.
Le Labo de l’Ess est tout naturellement partenaire de la campagne de nos amis de la Fédération
National de l’Agriculture biologique : "manger Bio local, c’est idéal".
Nous partageons en effet complètement la conviction que l’agriculture
bio est favorable à l’environnement, en maintenant la vitalité des sols
et des eaux, au climat - en permettant le stockage du carbone - à
l’économie de proximité - en localisant la valeur ajoutée et les emplois
- à la santé - avec une utilisation bien moindre de résidus de
pesticides... Tout cela fait partie de nos propres combats pour une
conception plus durable de l’économie, à l’heure de la Cop21 à contrario
du développement de l’agriculture de ces dernières décennies.
voir également les travaux du labo sur les circuits courts d'ESS:
Si les circuits courts sont surtout connus dans le secteur de l’alimentaire (définition du Ministère de l’Agriculture), notre définition,
formulée à partir des initiatives du groupe de travail, ouvre cette
forme d’échange économique dans de nombreuses autres filières : finance
locale (voir par exemple SPEAR), culture (avec les AMACCA), habitat (par exemple la filière bois)…
Exemples illustrés sur la vidéo suivante :
Les circuits courts constituent une véritable approche économique qui
participe à l’économie plurielle actuelle, en connexion avec d’autres
formes d’économie novatrices – économie collaborative, économie
contributive, économie de la fonctionnalité… L’ensemble de ces approches
constitue une véritable force pour dépasser les dérives de notre
système actuel.
Comment démontrer la force transformatrice des circuits courts ?
Peut-on développer des indicateurs capables de mesurer leurs impacts ?
Un circuit court peut-il changer d’échelle sans perdre les valeurs
fondatrices du projet ? Quelles propositions concrètes de développement
des circuits courts ? Voilà les questions qui ont conduit le LABO à
choisir les circuits courts comme l’un de ses quatre axes de travail,
avec les PTCE, les outils financiers solidaires et le réinvestissement des banques sur les territoires.
Les circuits courts sont plus que jamais sous le feu de l’actualité,
avec un appel à projets dans le cadre du PIA en 2014, un appel à projets
vers les projets socialement innovants de l’économie locale et
collaborative de la Région Ile de France mais aussi une présence
médiatique et concrète de plus en plus importante.
Les travaux du LABO sur ce sujet sont multiples : animation d’un
groupe de travail, publication de documents, participation à des
colloques (lien vers RNET juin 2014), inscription dans d’autres groupes
de travail (lien ADEME)… Nous souhaitons faciliter la compréhension et
la démocratisation de cette approche économique, afin de multiplier leur
prise en compte dans la transformation actuelle de l’économie.
Rencontres professionnelles de l'Agence BIO du 9 juin 2015
Réduire
les coûts dans l'introduction de produits bio en restauration
collective? Le maire de la commune écologique de Langouët, Daniel Cueff, nous
rappelle comment avec humanité et bon sens il est possible de créer une
cantine 100% bio au cœur d'un territoire emblématique de l'agriculture
intensive.
Assumer
la fonction élective en refusant la démocratie participative qui aurait
diluée l'intention de départ. C'est théoriser et mettre en pratique
une démocratie implicative sur la base d'une cantine 100% bio ou pas
issue de la volonté des élus face aux électeurs. Concerner les gens.
Dans l'omelette aux lardons, la poule est impliquée le cochon lui est
concernée. ..
Un
exemple clair de la construction d'une nouvelle économie "verte" qui
touche aussi bien la production d'électricité que la decarbonisation de
l'énergie communale avec une filière bois énergie.
Dès
lors, l'intuition des élus est une économie qui s'invente pas à pas, au
plus près des réalités de terrain et de la prise en compte des facteurs
humains comme les enfants (que faire avec les leaders négatifs?) ou la
cuisinière (tout ce qu'elle aurait fait avant ne serait pas reconnu?).
S'appuyer sur le Gie du 35 et d'une approche collective des paysans bio,
penser des menus végétariens, jouer sur la saisonnalité des productions végétales et animales, éviter les gaspillages etc.
Assemblée générale de Biolait. Debat public des 20 ans, jeudi 16 avril 2015
600
personnes présentes pour ce débat organisé par Biolait pour ses vingts
ans, la présence du vice président du conseil régional, du député Yves
Daniel et du sénateur Joël Labbé.
Marc
Dufumier, président de la plate forme française du commerce équitable,
est intervenu pour dire que cette "utopie" d'une filière bio qui
remplacerait le conventionnel n’était pas une idée folle comme le dit le
slogan de Biolait: "du bio partout et pour tous!". 145 millions de litres,
30% du marché et 1200 producteurs, 20 ans après les 6 fondateurs,
l'entreprise est devenue un exemple du changement d'échelle attendue
pour la bio. Non sans poser encore les questions fondamentales de la
constitution du prix juste payé au producteur et des conditions des
marges des intermédiaires jusqu'au consommateur. Un débat interne qui a
fait l'histoire du collectif de producteur, de ses limites et des
compromis actuels que sont venus rappeler quatre anciens présidents en
tribune (le prix du cout de revient fonction de l'autonomie du système, le prix payé fonction des choix de mutualisation entre producteurs...).
Marc
Dufumier a également posé la question de l'équitabilite de la filière du
point de vue de l'accès des publics défavorisés aux produits bio. Il a
souhaité que les pouvoirs publics s'engagent sur l'introduction de
produits bio en restauration scolaire notamment. Il y a urgence a t-il
dit à nourrir les générations futures avec des produits exempts de
pesticides et de perturbateurs endocriniens. Il a proposé que la
politique agricole commune puisse rémunérer les services d'intérêt
général rendus par les agriculteurs même conventionnels des lors que
leurs pratiques produisent effectivement des services pour la
biodiversité et la protection de l'environnement.
Stéphanie Pageot,
présidente de la Fnab (ci-dessus en photo), a rappelé que c’était précisément l'objet de la
mobilisation du 17 mars dernier sur l'aide "maintien"; pour elle, les
producteurs de Biolait portent bien ce rêve initial d'une organisation
collective de production à même de pouvoir maitriser une partie de la
filière dans la durée. En ce sens, le développement de la bio passe par
des organisations économiques qui croient à la bio, c'est-à-dire qui
développent des volumes pour développer des marchés. Une stratégie
payante quand la demande est là, plus risquée quand il faut trouver de
nouveaux clients (et c'est dans une situation de risque qu'on mesure l'engagement...). C'est là que se joue notamment l'accompagnement des cédants et des porteurs de projets pour assurer la relève, ou encore la possibilité de soutenir les conversions des fermes laitières.
A ce titre, Marc Dufumier émettra aussi l'hypothèse d'une demande
de bio soutenue par les récentes affaires de viande de bœuf qui n'en n’était
pas... Il a fait rire l'assistance en se souvenant que le pouvoir d'achat
des asiatiques les avaient rendus tolérants au lait... Mais que ce
mirage de la poudre de lait devait se dissiper dès lors qu'on constatait
l'ampleur des fermes usines ailleurs dans le monde et les
investissements concurrentiels des industriels chinois en Europe. Nous
ne serons jamais compétitif sur des productions tout venante. De la
qualité et du local bio pour nourrir les villes. Quid de
l'accessibilité? Changer radicalement l'économie pour que tout le monde
puisse en vivre répondra t-il.
Un programme d'utopie réformatrice assumé et fort
apprécié par les producteurs "rêveurs" de Biolait, fiers semble t-il des
réalités qu' ils ont construit ensemble en 20 ans.
La FNAB a organisé un colloque public lors de son Assemblée générale le 9 avril 2015 à Dunkerque. Le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a répondu présent à notre invitation, une arrivée qui n'a pas manqué de déclencher une demande d'audience de la part d'une délégation locale de la FNSEA. Entourés des forces de l'ordre, nous attendions sous le soleil l'arrivée du cortège républicain, toujours impressionnant, du ministre et négocions avec cette délégation son entrée dans le palais des congrès (drapeaux, pas drapeaux...).
(photo: Sarah Alcalay)
Deux délégations syndicales cohabitaient à quelques mètres l'une de l'autre, toutes deux dans l'attente du représentant de l'Etat encore investi de fonctions politiques et symboliques semble t-il indispensables aux mondes agricoles en tension. La FNAB avait choisi d'intituler son colloque "une ambition bio: réussir la transition écologique des territoires", tout un programme motivé notamment par la prospective du Nord Pas de Calais sur la 3ème révolution industrielle théorisée par Jeremy Rifkin (voir vidéo ci-contre pour l'exemple de la ville de Loos-en-Gohelle).
Chacun discourait avec son camp dans cette étrange ambiance inter professionnelle si proche (entre éleveurs) et si distante à la fois (entre organisations). Dans un intervalle, nous fûmes quelque uns à entendre le représentant de la FDSEA évoquer à ses troupes l'expression "d’acceptabilité sociétale de la compétitivité". Un tout autre programme en effet que la transition écologique des territoires. Un programme en soi mais surtout une stratégie dévoilée en une phrase choc. Quelques minutes après, le ministre arrivait et s'arrêtait devant la délégation en question. Nous pouvions assister, avec les journalistes, à la remise d'un petit cochon rose en plastique par un producteur demandant, non sans émotion, au représentant de l'Etat d'en prendre soin au nom de la filière qu'il représentait, fier de sa production et certainement inquiet pour son avenir.
Le colloque public fût l'occasion de parler d'économie agro-alimentaire dans une logique en transition, où les productions de qualité seraient écoulées dans des filières équitables et territorialisées (vidéo ci-dessus). Ce qui fit dire au Ministre Stéphane le Foll tout le bien qu'il pensait de la logique "je produit et on verra après" dès lors qu'il devait ensuite recevoir les mêmes responsables l'appelant à la rescousse car "j'ai produit mais je ne vends pas". Le colloque fut aussi l'occasion pour Stéphanie Pageot, Présidente de la FNAB, de rappeler qu'il fallait parler de "compétitivité plurielle" pour pouvoir justifier de "l'acceptabilité sociétale" pour des filières agro-alimentaires qui ne peuvent s'exonérer des conséquences environnementales et sociales de leurs activités (cf. l'étude MEDDE-CNRS sur le Nord Pas de Calais, ou la vidéo du colloque du 5 décembre 2014, article précédent).
Il y a, on le voit, de réels convergences d'intérêts entre des producteurs soucieux d'incarner une production locale de qualité et d'en vivre d'une manière cohérente. Il y a aussi de profondes divergences politiques et stratégiques sur le type de modèle économique pour y parvenir; avec au coeur du sujet, la place qu'on accorde à la société dans un débat démocratique sur l'économie agro-alimentaire que nous voulons pour nos territoires.
Julien adda